L'eau chaude sanitaire
Composante indispensable du confort dans l'habitat, l'eau chaude sanitaire est utilisée en quantité croissante par les ménages, qui multiplient les points de puisage dans leur logement.
Qu'est-ce que l'eau chaude sanitaire ?
En France, la quasi-totalité des résidences principales est équipée d'un système de production d'eau chaude sanitaire. Les ménages en consomment davantage et veulent en disposer en quantité, immédiatement, en permanence et à la température voulue.
De nouveaux usages ont multiplié les points de puisage : aux traditionnels évier, lavabo, douche et baignoire se sont ajoutés une seconde salle d'eau, des lave-mains, et des équipements d'hydromassage.

Dans un logement récent et correctement isolé, l'eau chaude sanitaire est devenue le premier ou le deuxième poste de consommation énergétique, devant le chauffage dans certains cas. La raison est simple : le besoin de chauffage a fortement baissé, celui d'eau chaude n'a pas bougé.
Les systèmes de production
Le chauffe-eau électrique à accumulation, ou cumulus, reste le plus répandu : simple, fiable, peu cher à l'achat, et le plus coûteux à l'usage.
Le chauffe-eau thermodynamique associe un ballon et une petite pompe à chaleur qui puise les calories dans l'air. Il consomme environ trois fois moins d'électricité, à condition d'être placé dans un local non chauffé et suffisamment volumineux (un garage, une buanderie), faute de quoi il refroidit le logement qu'il faut ensuite réchauffer.
La production par la chaudière, instantanée ou avec ballon, est courante en gaz : elle mutualise le générateur avec le chauffage.
Le chauffe-eau solaire individuel couvre, selon les régions, de quarante à soixante-dix pour cent du besoin annuel, avec un appoint indispensable.
Rendement et pertes
Trois pertes expliquent l'essentiel des écarts entre deux installations.
Les pertes du ballon, proportionnelles à sa surface et à l'écart de température : un ballon bien isolé placé dans un volume chauffé perd peu, un ballon ancien placé dans un garage perd beaucoup.
Les pertes de distribution : l'eau refroidie dans les canalisations entre deux puisages est perdue, et le litre tiré en attendant que ça chauffe l'est aussi. Un ballon éloigné des points d'eau peut faire perdre le tiers de l'énergie produite. La proximité entre production et usage est le paramètre le plus déterminant, et le seul qui se décide à la construction.
Les pertes par surdimensionnement : un ballon trop grand pour le foyer maintient inutilement en température un volume d'eau jamais utilisé.
La légionelle
Point de sécurité à ne pas négliger. La légionelle est une bactérie qui prolifère dans l'eau tiède, entre vingt-cinq et quarante-cinq degrés, et se transmet par inhalation d'aérosols, la douche, principalement.
La réglementation impose donc un stockage à soixante degrés au moins, ou une montée périodique à cette température sur les ballons pilotés.
Cette exigence entre en tension avec le confort et le risque de brûlure : la réponse est un mitigeur thermostatique en sortie de production, qui limite la température distribuée à cinquante degrés dans les pièces d'eau tout en conservant un stockage chaud.
La brûlure à l'eau chaude est l'un des accidents domestiques les plus fréquents chez le jeune enfant, et survient en quelques secondes à soixante degrés.
Réduire la consommation
Les gestes les plus efficaces sont peu coûteux.
Installer des mousseurs et une douchette économe, qui divisent le débit par deux sans sensation de perte, et remplacent la principale source de consommation, la douche représente l'essentiel du volume d'eau chaude d'un foyer.
Isoler les canalisations d'eau chaude, en particulier dans les volumes non chauffés.
Régler le thermostat au juste niveau et vérifier l'état de l'anode et du détartrage tous les deux à trois ans en eau calcaire : un ballon entartré perd en rendement et finit par percer.
Et adapter le volume du ballon au nombre réel d'occupants, de l'ordre de cinquante litres par personne pour un usage courant.
